Journal des ateliers Points de Suspension

Textes produits à l'atelier d'écriture créative Points de Suspension à Paris (5ème)

15 février 2007

Meurtre d'une dinde...

21h30. Toute la famille allait rentrer de la messe de minuit d'une minute à l'autre, enfin dans moins de trois quart d'heure. Le vieux carrillon de grand maman semblait TicTacquer plus vite que d'habitude, et l'aiguille inquisitrice cavalait autour du cadran comme un canasson fou avec le feu au cul. Tout ça me tapait sur le système. Le four n'en finissait pas de dégueuler une fumée épaisse, ça puait le cadavre, et la dinde à l'intérieur n'était plus qu'un bout de charbon. Et comme chacun sait le charbon c'est cancérigène. Hors de question de lui servir ça à la famille, ce serait criminel. C'était le premier qu'on fêtait à la maison de noël. Alors le ton est monté, un peu. C'était de sa faute après tout à ma femme s'il ne lui restait rien sur l'échine à rousiguer à la dinde. Ça ne servait à rien de s'engueuler de toute façon, le problème restait entier, et puis ce serait dommage justement ce soir là, valait mieux garder ça pour demain. Quoiqu'il en soit on ne pouvait pas acceuillir toute la famille sans dinde de noël, la première fois en plus. J'ai vidé ma femme, lui ai farci le cul et l'ai foutu dans le four. Je me suis bourré une petite pipe que je suis allé fumer dans mon fauteuil en cuir en attendant. J'étais soulagé.

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Encriture, mode d'emploi

Faut faire baver la plume pour de l'encriture De l'encre et des ratures Du cran et des bavures Lâcher l'ancre au large et cracher Aux quatres vents Si par malheur l'encrier crie famine au bout d'oie Enfoncez-lui bien au fond de la gorge une paire de doigts Après avoir crier, si l'encre ne coule pas Faut vous tailler les veines et continuer comme ça !

Posté par GuillaumeR à 15:21 - Ecrit bref - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 février 2007

Ventriloquer

Un jour en cherchant la clé, la concierge de l'immeuble trouve un fil à retordre serré autour d'une clé. Ne pouvant défaire le fil, elle donna telle quelle la clé enfilée au locataire. Sachant l'ascenseur en panne, il monte les sept étages d'un pas dynamique. Sur le pas de la porte, bien sûr la clé se tord de rire dans une serrure qui n'est pas la sienne. Le locataire, mécontent, a eu une envie folle de tordre le coup de cette satanée concierge. Il descend quatre à quatre les sept étages et se retrouve à la cave. Perdu dans le noir, il trébuche et s'accroche in extremis à la canalisation d'eau qui explose sous la pression du corps avachi.
L'eau coule à grand débit sur les escaliers, la cave se remplit à bonne allure. Aggripé aux pierres du mur, le locataire se lève prudemment pour ne pas glisser, remonte jusqu'à la porte qui donne sur le rez de chaussée.
La porte est fermée. N'en croyant pas ses yeux, il ne panique pourtant presque pas ; ce qui n'est pas mal  en soi car sa peur dans ce lieu n'est pas nouvelle et même ancienne. En fait, ce lieu s'appelle la panique. A la fois fier d'y être, sans être absorbé par le sentiment, et aussi à l'aube de ressentir ce manque d'air si caractéristique de l'oppression, le locataire décide de crier pour se faire entendre, au moins de la concierge qu'il ne veut plus étrangler. Le cri reste à l'intérieur, ne sort pas ou alors s'étrangle pour ne pas exister. L'eau monte. Ses chaussures se remplissent ; ses pieds trempent, déjà.  Il doit trouver quelque chose, n'importe quoi pour le sauver, pour ouvrir cette porte. Ses poches, son sac, il regarde, cherche, tatonne partout. Une clé! une petite clé au fond de son sac... La serrure est bien trop grande!!.. Le locataire regarde la porte. Il voit une chaîne passée d'un cadenas et une toute petite serrure!.. L'espoir l'enivre, il faillit faire tomber la petite clé dans l'eau recouvrant maintenant la plus haute marche. À bout, il se concentre, il entre la clé, tourne, tire le pêne en arceau ; ça s'ouvre! il dégage la chaîne, pousse la porte, court vers le vestibule, frappe la porte de la concierge, hurle  "Madame! Madame!" au visage de la concierge interloquée par ce locataire mystérieusement causeur. "Qu'est ce que c'est que ça ? vous hurlez ! je peux vous entendre !  mais votre bouche ! elle ne remue pas ? elle est ouverte et elle ne remue pas !! s'affole la concierge.

Posté par Elleaudit à 17:05 - Ecrit bref - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 février 2007

Petite valse funeste...

Ces silhouettes dansantes encore
Sur le bout de tes seins me dévorent
M'aveuglent de leurs ombres pressantes
Jusqu'à ce que plus rien je ne sente

Et s'efface à présent devant le souvenir
L'instant qui s'oublie là, sépulture de chair
Ce souvenir qui n'en finit plus de mourir
Cette valse qui s'en fout et me fuit, ma chère

Posté par GuillaumeR à 18:29 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 février 2007

Les livres que nous avons lus

Les livres que nous avons lus
Rangés dans des rayons perdus
Ou dans la poussière oubliés
Sont comme toutes les amantes
Qu'un grand séducteur a aimées

Émotions profondes et lentes
De littérature et de science
Qui resteront toute la vie
Même enfouis en nous dans la danse
Du ciel tout autant que du nid

Les livres que nous avons lus
Aimés, chéris, abandonnés
Puisque d'autres étaient en vue
Doivent toujours se rappeler :
Ce sont eux qui nous ont séduits.

Posté par VictorO à 10:47 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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